notes de voyage en vrac
novembre 7, 2009
Désolé,
ces derniers textes, écrits en vrac pendant le séjour et postés tellement en retard…
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Autour de la fête de l’Aïd
Passé les premiers jours à bader
ou la
Tentative de mise en route d’un projet
ou le
le week-end qui tue
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la blague – c’est comme un dimanche chez nous-
hier vendredi côté musulman-comme un dimanche chez nous- ou dernier vendredi du ramadan, et donc première expérience d’un Check point light et mobile et éphémere, autour de toute la vieille ville. Pour les arabes une seule entrée, la porte de Damas, et sur contrôle des papiers, et à la porte Neuve, hop on fait le tour, svp. En ce jour de prière la foule augmente et se presse à ce barrage,cette seule entrée, à Damas’s gate.
Des milliers de musulmans sont attendus pour un grand jour et une grande nuit de prières, on vient avec des chaises en plastiques ,des couvertures, des victuailles.Ils arrivent aussi, un peu en amont de la porte de Damas, en car. Ensuite il faudra attendre que la lune dicte le jour de l’Aïd. Mais ce soir il y a des nuages, et il faut voir la lune dans le ciel pour l’Aïd. Le lendemain matin,samedi, deux ou trois rues à côté, c’est shabbat – comme un dimanche chez nous – Pas bien au fait des coutumes locales, c’est pas le quartier où espérer un café. Ce coin de la ville est du coup désert. Shabbat et roshashana dans la foulée, va falloir s’accrocher question calendrier. Finalement dans le seul café trouvé ouvert un costumé tout en blanc avec bandelettes flottantes qui passe par là me hurle dessus, j’entends Shabbat par ci Shabbat par là, le barman file se
planquer et nous laisse en plan. “Sorry -no jewish-tourist” avec l’accent frenchy le calme.
Drôle d’idée ce festival en pleine fête de tout.
Les calendriers des fêtes juives et musulmanes se chevauchent,ce qui est très rares parait-il.temps suspendu. encore un coup de la lune.
Donc pour roshashana nous irons à Tel Aviv et pour l’Aîd on verra bien ce qu’on fera. mais roshashana comme un shabat super puissant ++ – comme un grand dimanche chez nous – nous prend de cours.
Alors notre traversée de Jaffa fut architecturale et rapide : pas de gens, pas une boutique ouverte, pas un bar, et quelques touristes égarés comme nous.
Taybe+ Macabé+ships sur la plage , tournage du clip sunday night, et bain de nuit.
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Il nage le long de la plage, et quand la vague le porte haut, on aperçoit le corps en entier, par transparence, blaffard sous l’eau, dans les vagues éclairées. Atmosphère tiède, moite, brume chaude flottante sur l’eau. Aimé la marche de nuit vers la gare, au pif dans Tel-Aviv,- longue rue- boutiques ou ateliers fermés marchands de meubles-les rideaux de fer, puis le taxi collectif surgit dans la nuit et enfin le bus taxi, la conversation en arabe au téléphone, l’embrayage chantant et surtout la folle allure jusqu’à Jerusalem. Demain sera demain et on attend la lune pour l’Aïd, toujours.
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Et l’Aïd sera dimanche – comme un dimanche chez nous – donc escapade obligatoire sous peine de morosité citadine quand on est pas de la famille. Escapade à l’ouest ou à l’est ? c’est un entre deux touristique qui
l’emporte, Massada et mer morte. 900m, – 400m, 300m,-400m à nouveau,désert de sel, et surchauffe des thermostats plus coup de soleil. Reste encore à se tapper Yom Kippour ,kaparot, Souccoth…
Bon demain c’est sûr on s’y met.
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Enfin immersion, plongeon dans Jerusalem-Est. nous y marchons les yeux clos, nous les étrangers déjà, nous y restons, nous commençons à passer les portes et visiter les arrières cours. Petites imprimeries, artisans,
passage caché… Qu’est-ce qu’on fout là ?? première discussion avec un inconnu, serveur au Wake-up café sur la situation d’ici. On est repéré, calculé. Avec, du bon côté ou potentiellement louche. Me prend pour quelqu’un d’autre celui là, pour ce que je ne suis pas. Mais à quoi sert l’art que vous faites ? pourquoi faites tout ça… a bien y repenser ce sont les mêmes questions qu’un peu partout, pourquoi, à quoi ça sert.
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Quel jour déjà ? Les chevaux sont apparus de ci de là dans les rues voisines. En les pistant nous arrivons au parc Rockfeller (le jardin public repéré les jours d’avant). Champ de course improvisé.
Hurlements, chevaux cravachés, bottés aux flancs, peut-être des paris, des ventes, on sait pas trop où se placer dans cet espace, on comprend rien, on est au spectacle. Les rues n’arrêtent pas de changer, d’un jour à l’autre tout bouge,le ramadan finit, les vendeurs de trottoirs sur la porte de damas ont disparus. Nos repérages tâtonnent plus que jamais. La rue est mouvante, insaisissable. Va falloir improvisé, inch halla,on se
comprend.
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le 28 septembre
après plusieurs jours passés à l’Est, s’échapper dans la ville ouest, dans l’israel, sonne bizarre.
Explosion de vie grouillante ,foule des marchés,flux ,masse de population, montagne de fruits, pamplemousses, avocats et surtout des poissonniers, du poisson frais. De ce côté on va à la mer. Et partout ces
silhouettes d’un autre temps, bas noirs épais et lourdes jupes noires, foulard ou chapeau évoquant le début du siècle, et pour les hommes les bandelettes, les anglaises et tout le tralala. Et les ribambelles d’enfants accrochés (souvent plus de 6 !)
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vers la rue salahdin un cavalier et sa monture se ratent à un carrefour : carambolage. Le conducteur de la voiture qui vient de se payer un cheval est interloqué.
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Lu dans le journal de la communauté juive de langue française n° 119/ septembre/octobre
petites annonces:
le numéro 1 des déménageurs en Israêl
spécialiste de l’Alyah
groupage réguliers
conteneurs personnalisés
réalise votre rêve
devis gratuit
Rachat des “kaparot”
(poulets égorgés à la veille de kippour)
et offrez l’argent des poulets aux nécessiteux
des noeuds chinois à la place des tsitioth?
des tsithiots importés avec une apparence “réglementaire”
alors qu’ils ne sont pas strictement kacher.
Les noeuds ne sont pas fait par des juifs
et les machines ne sont pas actionnnées par des juifs.
Les certificats de Kacherouth sont des faux.
une seule solution pour éviter les faux tsilioth ne pas en acheter à
moins de 15 sheckels
providence divine
Grâce à ses teffilines oubliées sur un banc de l’aéroport, un jeune juif
homme d’affaire renonce à prendre son avion et est sauvé du crash
organisé par Al quaida le 11 septembre. Faire passer la volonté de
Hachem avant sa propre volonté!
conversions au judaîsme
Les fausses conversions interessent surtout les couples mixtes. Ces
mariages mixtes sont devenues une plaie mondiale. Un juif marié a une non juive ressent de la culpabilité, et la faute qu’il a commise ne cesse de
le troubler. La conversion de sa femme est alors une solution pour cachériser leur union.
couple de medecins juifs traditionnalistes de Genêve cherche à marier
leur fille de 15 ans sdv,belle et mesurant 1m70, élancée, brune, cheveux
longs, à un medecin/pharmacien/dentiste/avocat/ de 35 ans, juif
traditionnaliste. Réponse avec photo, svp. Pas sérieux s’abstenir .
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le 29 septembre
trahir pour ne pas trahir ? ouille, ouille, se laisser guider par un inconnu ? Check point à l’envers ?
M, israélien, n’est pas venu jusqu’au départ de la marche sur Salah hadin. Nous l’avons intercepté parce qu’il voulait venir marcher avec nous sur Salah Hadin à Jerusalem Est. À ses risques et périls. Marcher les yeux
fermés. Dans une rue de la ville est-arabe. Se montrer les yeux fermés arrimé à un bras inconnu. un palestinien pourrait-il se montrer guidant un israélien ? entendu : “mais enfin ça ne se voit pas sur la gueule si on est israelien ou palestinien”. Faut croire que si. Et puis c’est un risque et qui veut le prendre. Nous avons eu peur, on a dit stop à M, et on était tout cons. Marcher les yeux fermés dans une rue, Salah Hadin street, aux yeux et à la vue de tous. Dans une ville occupée on ne marche pas au bras de n’importe qui. Jerusalem-Est est une petite ville. Alors on est regardant et on repère les traitres, les collabos. On regarde qui fréquente la rue, car elle est un territoire, un enjeu tellement important. Et particulièrement cette semaine où ça chauffe vers la mosquée, la rue est un territoire à défendre. On nous a souvent pris pour des potentiels juifs colons. Se sentir vu de cette façon, avec cette étiquette. Mais à force d’être là, de marcher et traîner, de bistrot en babyfoot, de tchatche en petit commerce et de nouveau au wake up café, on a changé de statut. On est resté des étrangers, mais à marcher maintenant avec des gens d’ici,des palestiniens, et en plus en se touchant de la main et du bras, nos visages à tous bien visibles, on a encore un peu changé de
statut.un peu seulement parce que demain tout sera à refaire. Les frontières se déplacent vite ici. De l’occupation tranquille, en apparence normalisée à la vraie guerre,on glisse à la seconde, et là ça chauffe.
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la séparation mentale Est-Ouest est moins simple dans le camp des “libres”, des occupants. Il semble qu’on se faufile en effet plus facilement dans cette complexité politique. C’est un peu schizophrénique mais on dirait que c’est possible de naviguer des deux bords.
Dans le camp des “contrôlés”, des “surveillés” on choisit plus radicalement. C’est une question de survie on dirait. Ou de risque : le risque de la traversée des frontières n’est concrètement pas le même des deux côtés… guider un israélien dans sa rue, impossible à dire, à faire si on connait l’identité de l’autre. À vue, visage découvert mais anonyme. C’est la maigre monnaie rendue, quelques rues où on peut dire c’est chez moi ici. Je fais moi aussi ce que je veux, ma loi.
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Comprend mieux quand A.F nous dit remercier la minuscule poignée d’israéliens qui s’interessent aux palestiniens, mais qu’avant de penser à la palestine, aux ponts possibles entre les deux parties, ces israéliens
doivent penser à eux, israeliens, vivant dans un état qui va très mal et qui fait n’importe quoi, sans éthique… qu’ils pensent à leur état, à leur communauté, qu’ils luttent.
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Deux jours plus tard/visite rendue à M, qui a très bien compris la situation de l’autre soir. Il n’en fait pas une affaire personnelle. On lit la souffrance de sa place, de là où il est. Il nous invite à faire de son côté de la frontière. Nous ne savons pas lui répondre clairement. Que faire ? dit qu’il est activiste. Nous parlons d’art, de la France, de frontières. Il travaille à la frontière. Dessus. Y habite,mais reconnait l’impasse : personne ne traverse la frontière de l’est vers l’ouest pour venir rencontrer son projet frontalier. Une seule rue seulement le sépare de l’est, la fameuse rue UNE. Et si la problématique était de faire quelque chose de cette séparation, et si la séparation était une position réciproque, faire avec. Dire à un palestinien, te reconnaître c’est nous séparer. C’est fou. Vertige.
je déteste les clans et leurs luttes intestines.
Mais là c’est la guerre
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Aller à Rhamalla est un soulagement. Débarassé un court moment de ces questions : on a passé le check point de(…), on est de l’autre côté,on voit où on est, on est bien.
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx/je rentre bientot maintenant
aujourd’hui jour de relache j’ai fait une nouvelle escapade a l’ouest, une infidélité à l’Est auquel on s’attache. Ai plongé dans ce quartier où en ce moment tous construisent des sortes de cabanons/cabanes sur les trottoirs, les balcons, les toits, les arrières des immeubles… dans tous les plis une cabane emplit l’espace. Plaques de très fin plaquo tenus par des tasseaux, parfois des palettes, et le toit en bambou qui doit laisser passer l’air et être poreux au ciel pour ne pas perdre contact avec la divinité. Dessus on pose une feuille de dattier je ne sais pour quelle raisons. Nouvelles fêtes et nouveaux gestes. les hommes, ceux aux anglaises bien faites, reniflent, palpent, tournent et retournent a deux centimetres de leurs yeux des sortes de citrons grumeleux, des cedrats… l’ oeil rivé sur l ‘écorce, l’auscultation est longue, minutieuse certainement à la hauteur d’une chose, d’une attente, d’une mission, que je ne comprend pas pour l’instant mais qui semble de la plus haute importance. Les femmes dans cette partie de la ville, encombrées par leurs poussettes ont de drôles de têtes : sous un chapeau, on remarque que les cheveux sont une perruque et que le crâne, et parfois les sourcils sont rasés. je crois que je me suis rarement sentie autant dépassée par un paysage humain, grâce à la foule je me fonds et passe plusieurs heures a regarder. Me suis juste un peu fait cracher de façon malhabile sur les pieds à l’entrée de ces rues par un groupe d’hommes en peignoirs satinés, à rayures grises cette fois… pas les peignoirs noirs, ni les blancs des autres jours qui me font moins peur. Plein de bise de jérusalem ouest. C’est fascinant et étouffant.
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le 21 septembre
Jerusalem-Est résiste malgré la “jerusalémite”
“jérusalem dans tous ses états” se planque pour que cela aie lieu. les lieux de rdv bougent tous les jours en fonction de l’actualité. Dehors et si discrets nous ne risquons pas grand choses mais le public viendra-t-il?
Jérusalem-Est étouffe, s’asphyxie les perturbations sont si fréquentes que la vie y devient impossible. Le commerce souffre.
La ville est souvent bouclée par l’armée et tout ce qui s’ensuit : accès et circulation perturbée coupée.
A force d’impossibilité la vie à Ramalha est tentante.
La fabrique de l’impossibilité à rester.
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le libraire : rester ou partir. Apprendre à devenir un peu plus étranger dans son pays. C’est un travail de tous les jours. Mon pays me quitte. Je m’éloigne.
le 3 octobre
XXXXXXXX check point
XXXXXrocks
XXXXXXXXXwalls
XXXXXXXlines
XXXXXXXXXpassport
XXXXXXpermit
XXXXXXXXXXXXstop
XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXle mur du camp de AîdaXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX
coupe le cimetière en deux XX que sont devenus les morts de l’autre côté du mur? XXXXXXXXdans leur nouveau paysageXXXXXXXXXXXXXXXle soleil passe à travers le toit en taule plein de trous de balles, par terre ça fait lumière de boule à facette XXXXX vers l’entrée du camp croisée une délégation d’arabie saoudite, tout en noir, avec femmes entièrement voilée. Leur guide distribue des sucettes roses fluos aux enfants et puis tous et toutes en prennent. Gymnastique cocasse, sucer la sucette en costume, par en haut ou par dessous, pour pas coller le voile, pour atteindre la bouche. Le plus pratique : les deux mains dessous finalement, une main pour éloigner le voile de la bouche (silhouette bossue) et l’autre pour la sucette (disparition des mains). Le fluo a disparu d’un coup. Dessous les voiles, sauf chez les hommes. Ici à Aîda, 77% de chômage. La falafel est à 2 sheckels!
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le 4 octobre/ avons nous vu Jerusalem-est capitale de la palestine pour la derniere fois ? les juifs radicaux augmentent leur pression pour entrer dans la mosquée, la conquérir, peu de nouvelles fiables dans la presse, la mosquée est fermée de plus en plus souvent, on dirait que le monde s’en fout, on dirait que le monde ne prend pas la mesure, on dirait que Jerusalem va vivre son gaza
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le 4 octobre
vue du ciel
vu du ciel
la lune pleine
la mer atrape ses reflets
et aussi Chypre, les îles du Péloponnèse
l’avancée est majestueuse
laisser/quitter
qu’avons nous fait?
qui laissons nous?
Amar et samer de l’autre côté
en dehors de leurs frontières
à l’extérieur de leur ville
jusqu’à quand
sans difficulté je peux survoler cette terre
en entier
j’ai le bon passeport
agir/acter ensemble
ici ou là bas,
exactement comme ailleurs
entrer en soi, dedans son intérieur
présent au présent
se laisser toucher, emmener
et vivre une relation au monde extérieur
oui ou non
prendre ou pas
évasion vigilante
mesurer le prix du déplacement
et l’addition de nouvelles questions.
Sorry


